Si vous êtes marié avec un Français ou une Française, vous avez peut-être droit à la nationalité par simple déclaration. C'est souvent plus sûr que la naturalisation par décret, car c'est un droit et non une faveur. Mais chaque condition est vérifiée de près.
Les conditions
- Être marié avec un Français ou une Française.
- 4 ans de mariage si vous avez résidé en France de façon ininterrompue et régulière au moins 3 ans depuis le mariage ; sinon 5 ans.
- Une communauté de vie affective et matérielle, sans interruption depuis le mariage.
- Un conjoint français le jour du mariage, et resté français depuis.
- Le niveau B2 en français, à l'oral et à l'écrit.
- Un titre de séjour valide au moment du dépôt (sauf ressortissants européens et suisses).
- Aucune expulsion ou interdiction du territoire en vigueur, aucune condamnation à 6 mois ferme ou plus.
Les points qui bloquent souvent
- Un mariage célébré à l'étranger doit être transcrit sur les registres de l'état civil français. Sans transcription, la demande ne peut pas aboutir.
- Le PACS ne compte pas : un couple pacsé doit passer par la naturalisation par décret.
- Si votre conjoint est devenu français après le mariage, cette voie est fermée.
- Une séparation ou une procédure de divorce en cours bloque la demande. Vivre dans deux villes pour le travail n'est en revanche pas forcément un obstacle, à condition de l'expliquer et de le prouver.
Les étapes
- Vérifier la durée du mariage, la vie commune et la transcription.
- Obtenir le justificatif de français B2.
- Préparer le dossier (formulaire cerfa n° 15277 en 2 exemplaires, signé par les deux époux).
- Déposer la déclaration selon la procédure de votre préfecture.
- Passer l'entretien à deux : signature d'une attestation sur l'honneur de communauté de vie et remise du récépissé.
- L'enquête éventuelle sur la vie commune.
- L'enregistrement : vous êtes français à la date de souscription de la déclaration.
Délais, refus et recours
L'administration a 1 an à partir du récépissé pour refuser l'enregistrement. Sans refus dans ce délai, la déclaration est considérée comme enregistrée : le silence vaut accord, à l'inverse du décret.
Un refus d'enregistrement se conteste dans les 6 mois devant le tribunal judiciaire, avec un avocat, et non devant le tribunal administratif.
Le gouvernement peut aussi s'opposer dans les 2 ans pour indignité ou défaut d'assimilation (hors langue). Après l'enregistrement, le procureur peut contester en cas de fraude ; une rupture de la vie commune dans les 12 mois fait présumer la fraude.
Le timbre fiscal est de 255 € depuis le 1er mai 2026.
À retenir
- 4 ans de mariage, ou 5 ans si vous avez surtout vécu à l'étranger.
- Le conjoint doit être français le jour du mariage.
- Mariage à l'étranger : transcription obligatoire.
- B2 obligatoire, pas d'examen civique.
- Refus : tribunal judiciaire.
Textes de loi
- Articles 21-2 à 21-6 du Code civil : nationalité par mariage
- Article 21-4 du Code civil : opposition du gouvernement
- Articles 26 à 26-5 du Code civil : procédure des déclarations, délais, contestation, date d'effet
- Article 21-27 du Code civil : condamnations faisant obstacle
Informations générales à jour au 02/10/2026. Elles ne remplacent pas une consultation adaptée à votre situation.